Samedi 06 mars 2010
8 mars 2010 : centième anniversaire de la journée internationale des femmes
Quelques jours avant l’anniversaire de la centième journée internationale des femmes, deux textes viennent d’être adoptés quasiment à l’unanimité au Parlement : la proposition de loi renforçant la protection des victimes, la prévention et la répression des violences faites aux femmes, ainsi que la proposition de résolution européenne visant à promouvoir l’harmonisation des législations européennes applicables aux droits des femmes suivant le principe de la « clause de l’Européenne la plus favorisée ». J’avais déposé un texte similaire en décembre dernier, à l’appel de Gisèle Halimi, présidente de l’association « Choisir la cause des femmes ». Je me réjouis donc de l’adoption de ces propositions qui constituent une avancée pour toutes les femmes.

Ces avancées doivent maintenant entrer dans la vie.

Car aujourd’hui, les moyens attribués aux différentes associations et services oeuvrant concrètement, au jour le jour, pour défendre les droits des femmes font défaut. Le service des droits des femmes et de l’égalité, qui, après avoir été mis à mal dans les départements, voit aujourd’hui ses missions nationales réduites à peau de chagrin. Partout, la suppression des moyens affectent l’égalité : attaques contre le planning familial, remise en cause de l’accès à l’avortement du fait des suppressions de postes dans les hôpitaux …

En politique, le France est bien loin du compte ! La loi sur la parité adoptée en 2000 a eu le mérite d’avoir fait entrer un peu plus largement les femmes en politique par des mandats locaux, mais sans permettre qu’elles accèdent vraiment aux plus hauts niveaux de responsabilités. Ainsi, en 2008, 34,8 % des conseillers municipaux élus étaient des femmes, mais seulement 13,9 % sont maires. Au Parlement, nous ne sommes que 18,9 % ! Cette proportion est bien faible pour représenter la moitié de notre population. Et le projet du gouvernement d’élire un conseiller territorial sur un scrutin uninominal à un seul tour devrait conduire à des reculs. Ne les laissons pas faire !

Afin de lutter concrètement contre les inégalités hommes-femmes, un ministère chargé des droits des femmes, disposant de moyens propres doit être créé. Une législation contraignante concernant l’égalité hommes-femmes, en particulier au travail et des mesures concrètes d’aide aux victimes de violence doivent être débloquées. Ces premières mesures urgentes sont réalisables, il suffit d’avoir le courage politique de les mettre en place.

Alors que les femmes sont les premières à subir les conséquences de la crise économique et de la pauvreté, restons vigilants et mobilisés, continuons sans relâche d’interpeller les gouvernements et les institutions européennes afin de conquérir nos droits.
Créa/Dev. : C P © 2008 l Informations légales l Outils
Résolution d'écran minimum : 1024x768 - Navigateurs conseillés : Mozilla Firefox (MAC/PC), Safari (MAC/PC), Internet Explorer 7 (PC)